créations

Projet européen en 4 étapes sur le corps de la femme et les critères de féminité, à travers des portraits de sportives qui s’adonnent à des sports considérés comme physiques et masculins : le poids, le disque, le javelot et le marteau. Chaque partie se déroulant dans un pays différent.
En 1948, les sportives, disputant des compétitions internationales, sont tenues de fournir un certificat médical attestant de l’authenticité de leur sexe. En 1964, elles doivent subir un examen gynécologique avant les épreuves.
En 1967, l’examen gynécologique est remis en cause et remplacé par le test de Barr qui met en évidence les chromosomes X des sportives à partir d’un prélèvement buccal. Les athlètes qui réussissent au test se voient délivrer un certificat de féminité.
En 1992, un nouveau test consistant à repérer la présence du chromosome Y le remplace.
En 1999, le Comité International Olympique suspend les tests de féminité, mais de nombreuses fédérations continuent à les appliquer. Aux jeux olympiques de Pékin, un laboratoire de détermination du sexe contrôle les sportives à la morphologie suspecte. Aucun test de masculinité n’a été à ce jour envisagé, mais plus la femme s’émancipe, plus elle doit prouver qu’elle reste une femme authentique et adopter les marqueurs obligés de la « féminité »
En suivant le parcours de sportives de quatre pays de l’Union Européenne, Corps de femme explore les différentes perceptions du corps de la femme et les critères de féminité. Le spectacle tend à interroger et à combattre un certain nombre d’idées reçues, de comportements figés et de pratiques encore taboues. Quelle est la situation de la femme dans l’Union Européenne, à l’heure où celle-ci revendique comme principe fondateur de son programme politique l’égalité hommes femmes ? Sous forme de spectacle évolutif, multimédia et multilingue,Corps de femme, plonge au cœur de cette thématique par le prisme du monde sportif, observatoire privilégié de l’inégalité des sexes et de la question du genre.
Je choisis volontairement des sportives qui s’adonnent à des sports considérés comme physiques et masculins (lancers, lutte, haltérophilie..), car de par la nature des disciplines qu’elles pratiquent, ces athlètes présentent traditionnellement une musculature surdéveloppée. L’image qu’on a d’elles est celle de femmes trop fortes, disproportionnées, masculines, disgracieuses, non désirables, proches des phénomènes de foire. Quelle relation ces sportives entretiennent-elles avec leur corps et leur féminité, comment vivent-elles le regard des autres, la question du désir, à quels sacrifices sont-elles prêtes pour pratiquer leur sport, comment vivent-elles leur vie de femme ? Quelle est la place de ces sportives, rarement considérées à juste titre ? Les médias les délaissent, se consacrant presque exclusivement aux disciplines de course et de saut. Les lanceuses ne deviennent des vedettes qu’au jour de leur victoire ou d’un record, eu égard aux enjeux nationaux que représente une médaille ou un titre mondial.
En dialoguant avec ces femmes, en les filmant sur leur lieu d’entraînement et dans leur vie quotidienne je souhaite explorer l’intime, le dit et le non-dit, voire l’indicible et interroger la question du genre et de la normativité : qu’est-ce que c’est qu’être femme aujourd’hui, peut-on réduire le féminin à une notion absolue ? Nos corps de femmes sont-ils modelés par des normes ? Afin de restituer la parole de ces femmes, je place sur scène, en miroir de leur portrait vidéo, une interprète, actrice ou danseuse.
Coproduction : Teatr Polonia à Varsovie (direction Krystyna Janda).
Avec le soutien de l’ambassade de France à Varsocie et du Goethe Institut de Varsovie et du festival Moving Closer.
Spectacle en polonais
les 3 et 4 novembre 2008 à 18h
Teatr Polonia à Varsovie
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