Mabel Octobre

Mabel Octobre

Vous en rêvez (Youri l’a fait)

En quoi peut-on dire que Gagarine est le dernier grand héros positif d’une époque désormais révolue ? Quelles sont les images qui nous en restent ? Qu’est-ce qu’un héros du 20e siècle, a fortiori communiste ? Comment ça se fabrique ? Quels mécanismes de propagande cela induit ? Qu’en est-il du regard que nous portons sur lui et dans quelle mesure sommes-nous responsables de son héroïsation ? Où en est notre fascination pour le cosmos 50 ans après l’envoi du premier spoutnik le 4 octobre 1957 qui émut le monde entier ? Que reste-t-il du 1er homme de l’univers et de son sourire légendaire ?

À partir de documents d’archives (papier, photo, vidéo et audio), de témoignages recueillis pour l’occasion, d’un univers onirique musical et visuel, le spectacle explore ces questions et réinterroge notre envie ancestrale de nous élever dans les airs en quête d’une inaccessible liberté.

disponible en tournée
durée :
1h30
jauge : 200 min.

présentation

intention

Il s’agit d’explorer la question du rêve, un rêve ancestral qui traverse toute l’histoire de l’humanité, le rêve de voler toujours plus vite et plus loin et de repousser les limites de l’univers.

Il s’agit également de replacer les enjeux de la conquête spatiale dans le contexte particulier de la guerre froide et de montrer comment l’exploit a été instrumentalisé à des fins propagandistes.

Youri Gagarine était un héros populaire, modeste, auquel le plus grand nombre pouvait s’identifier. La propagande a fait de lui le symbole de la conquête du cosmos, le symbole de l’exploit de la technologie soviétique, le symbole de la jeunesse exemplaire, le symbole de l’homme communiste, le symbole du courage et de l’exploit, le symbole de la supériorité du socialisme basé sur le progrès des sciences et des techniques au service de l’humanité, le symbole de la paix, le symbole vivant d’une société progressiste en marche. Comme tout mythe, sa vie et son exploit ont donné lieu à une vérité officielle (celle de l’époque filtrée par les autorités politiques), une vérité officieuse (révélée après la chute du communisme) et à des légendes allant jusqu’à l’hypothèse qu’il n’ait jamais volé.

Prenant tous ces paramètres en compte, le spectacle se construit autour de la figure centrale du héros ; les autres protagonistes figurant tour à tour, selon les situations, son entourage proche, des savants, des personnalités politiques, des témoins... La distribution est majoritairement bilingue (franco-russe).

notes de mise en scène

La matière du spectacle se compose de documents officiels (déclarations de Gagarine, discours d’hommes politiques, médias soviétiques et français), de sources officieuses et de légendes, de témoignages (enquête auprès de ses proches, enquête sur la mémoire du 12 avril 1961 en Russie et sur la mémoire de Gagarine en France), de dessins animés, de vidéos d’archives, de musique électronique d’inspiration cosmique... La pièce résulte de l’agencement syntaxique de ces différents matériaux. Elle s’organise comme une partition alternant trois modes narratifs qui illustrent les trois visages de Gagarine. Tous les médias convoqués dans le spectacle (musique, lumière, traitement des voix et spatialisation sonore, vidéo, lumières, robot, scènographie, costumes, texte et interprétation) déclinent trois états qui suivent les trois états narratifs.

Le héros : traitement allégorique et féérique

Le cosmonaute : traitement naïf à la manière des années 60

L’homme : traitement hyperréaliste

Scénographie et costumes
La scénographie suggère un mélange de cosmodrome, de station orbitale, de vaisseau spatial. Une partie de la régie ainsi que les musiciens sont intégrés au dispositif scénique, comme les techniciens indispensables au bon déroulement des opérations. Sont répartis sur des estrades rondes les régies techniques et les instruments de musique, ainsi qu’un mobilier d’inspiration cosmique, le tout de couleur noir et certi d’élèments lumineux. À mi-hauteur, une tour avec plateforme (à la fois vaisseau spatial, tribune et piedestal...) desservie par une échelle, qui évolue devant un grand écran de projection de 6x8m. Les costumes sont constitués d’une combinaison spatiale transformable noire à laquelle viennent s’ajouter des élèments de couleurs vives et lumineux.

Vidéo
La vidéo est projetée sur un grand écran en fond de scène grâce à un vidéo projecteur muni d’un grand angle et mixée en direct.

Mode allégorique Sous forme de dessin animé, l’épopée du héros est retracée dans le style traditionnel des miniatures sur laque de Palekh, village situé au nord-est de Moscou (sur fond noir, des scènes aux couleurs vives traitent de sujets féeriques et folkloriques de façon symbolique et expressive). Inspiré de la technique des icônes, après la révolution, cet art se met au service de la propagande communiste.

Mode naïf Des dessins “d’enfants” animés de façon naïve, à l’instar des dessins faits par les premiers cosmonautes à leur retour sur Terre et de la littérature enfantine de l’époque, donnent à voir le cosmos et la société soviétique de l’époque.

Mode hyperréaliste Certaines séquences sont filmées en direct et retransmises sur l’écran permettant des gros plans exagérés et l’irruption brutale du réel. Des vidéos préenregistrées figurent le subjectif de Gagarine au moment de sa mort et de ses entraînements. Des archives amateurs (photos, super 8) témoignent de son passage en France.

Lumières
Le traitement de la lumière est conçu de manière à soutenir les trois axes narratifs. Pour le héros, le traitement lumineux produit une impression hiératique, les corps et l’ espace sont magnifiés, apparaissent plus grands que nature. Pour le cosmonaute, la lumière est très contrastée et recourt à des filtres de couleurs franches. Pour l’homme, le traitement lumineux est plus discret, plus intime, l’espace apparaît quotidien et annule le rapport scène-salle. La lumière s’émancipe des sources traditionnelles et contamine le mobilier scénique et les costumes grâce à de nouveaux équipéments (micro-sources, tubes flexibles) adaptés aux exigences d’un spectacle. L’ensemble de la conduite lumière est gérée par une interface informatique LanBox LCX, en relation étroite et en synchronisation avec le son, la musique et la vidéo(Max MSP, PurData). Cette option permet une grande souplesse et une précision de composition des atmosphères lumineuses en relation aux autres médias utilisés. Les différentes régies, synchronisées, peuvent échanger des variables. Un système de micros et de capteurs à distance communique par le biais de ce réseau, qui ouvre un champ d’interactions en temps réel et d’improvisations, comme, par exemple la modulation par le theremin du rendu de l’image du cosmonaute s’exprimant depuis sa capsule, ou encore l’accord du spectre lumineux avec le spectre sonore.

Robotique
La présence d’un chien robot (AIBO Sony) est un hommage à la première chienne de l’espace, Laïka, premier être vivant à avoir pris le chemin du cosmos, qui, si elle avait été un robot ne serait jamais morte d’hypothermie en plein vol. C’est aussi une réponse possible à l’immortalité des héros. Le chien a le rôle d’un animal familier, voué de qualités surnaturelles. La machine est dotée de capteurs de pression, de microphones, d’un haut-parleur (émission de séquences midi ou de fichiers préenregistrés) et d’une caméra qui lui permet de reconnaître son environnement, elle peut répondre à des commandes vocales. Grâce à un module WIFI, il est possible de récupérer le son des micros, l’image de la caméra, la température du processeur en temps réel. Il est possible de télécommander le chien robot à distance comme de lui conférer des comportements autonomes.Le recours à cette machine illustre l’incontournable corrélation des avancées de la conquête spatiale et du développement de la robotique (pour rappel le vaisseau qui accueillit Gagarine était entièrement robotisé) et l’éventuelle “sur-intelligence” des machines.

Notes sur la musique
La musique, comme les images, participe pleinement à la dramaturgie du spectacle et est présente de bout en bout du spectacle. Son choix esthétique répond à un désir de véracité historique.

Alexeï Leonov, premier cosmonaute à être sorti de sa capsule en orbite en 1963, déclarait : « La musique des instruments électroniques répond on ne peut plus parfaitement à la sensation que j’éprouvais dans le cosmos. » Les compositeurs de l’époque saluaient en retour par des pièces délirantes les débuts de la conquête spatiale. De nombreuses œuvres des laboratoires de recherche Philips (1956-1963) célébraient le cosmos sous les titres Song of the second moon (Dick Raaijmakers), Fantasy in orbit (Tom Dissevelt)… Le premier disque entièrement enregistré sur un synthétiseur (la Buchla Box conçue par Don Buchla) en 1967 s’intitulait Silver Apples of the Moon (Morton Subotnick). Telstar, morceau écrit en hommage au satellite américain par le producteur Joe Meek et interprété par The Tornados, devenait un standard et était repris dans le monde entier. Le groupe The sputnicks se formait à la fin des années cinquante…

Leonov ne faisait que confirmer ce que l’on savait depuis longtemps déjà : la relation étroite qui liait sons électroniques et espaces intersidéraux. En 1919, à Saint-Petersbourg, Lev Termen (Léon Thérémin) inventait l’un des premiers instruments électroniques, l’étherophone, rebaptisé dix ans plus tard « theremin », et Lénine lui-même comprenait immédiatement que le nouvel instrument était un formidable outil de propagande pour démontrer à l’Occident la supériorité technique soviétique, comme le serait plus tard le vol de Gagarine. Le theremin connut d’ailleurs son heure de gloire dans les années cinquante avec le cinéma de science-fiction américain qui usait, parfois jusqu’à l’écœurement, du couple démoniaque qui est sa signature sonore : glissando et vibrato. Ce cinéma donna naissance à quelques pages superbes comme celles que composa Bernard Herrmann en 1951 pour le film de Robert Wise The day the Earth stood still, où l’on entend le theremin accompagner la menace proférée par l’envahisseur venu de l’espace : « Klaatu, barada, nikto ! » Instument-roi du genre, le theremin inaugurait un champ nouveau : en 1956, Forbidden Planet, réalisé par Fred McLeod Wilcox, proposait la première musique de film entièrement électronique composée par Louis et Bebe Barron, sur des instruments conçus et fabriqués par eux dans leur studio de Greenwich Village.

La musique du spectacle, interprétée en direct et sur scène par deux instrumentistes, est elle aussi totalement électronique. Elle est un hommage rendu au charme désuet des œuvres inspirées par la conquête de l’espace, en même temps qu’une relecture des codes et idiosyncrasies de la musique de film de science-fiction.

Elle est interprétée principalement sur des instruments d’époque (voire même antérieurs à l’époque), theremin (1919) et ondes Martenot (1928), mais aussi sur des synthétiseurs Moog et EMS dont la conception remonte aux années 1960, seuls ou hybridés avec des ordinateurs. Les équipements de laboratoire qui ont inspiré la conception des premiers synthétiseurs sont également mis en œuvre : générateurs de bruit blanc ou rose, oscillateurs sinusoïdaux (éventuellement actionnés par les acteurs eux-mêmes).

La musique rythme l’ensemble de la pièce, donnant à certaines parties du texte énoncé par les comédiens l’aspect d’un récitatif entre chant et parole. Elle contamine les voix des interprètes, subtilement filtrées et spatialisées. Elle module à loisir spectre lumineux et images vidéo.

La musique est cosmique ; elle est parfois aussi héroïque.

Des citations de chants soviétiques à la gloire des premiers cosmonautes ponctuent l’ensemble.

Comment relever l’éternel défi que pose la musique de l’espace ? Dans l’espace, faute d’air, on n’entend aucun son…..

Theremin et ondes Martenot
Le theremin, inventé par le physicien et musicien soviétique Lev Sergueievitch Termen (plus connu en occident sous le nom de Léon Theremin) en 1919, est un des plus anciens instruments électroniques. Quelques tentatives avaient vu le jour auparavant (comme par exemple le telharmonium de Thaddeus Cahill en 1905), mais le theremin est le seul survivant des débuts de la lutherie électronique. Il a pour caractéristique principale de ne pas être pourvu d’un clavier, comme le seront la plupart des synthétiseurs apparus par la suite, mais d’être joué à distance au moyen de deux antennes, l’une commandant le volume et l’autre la hauteur de la note produite. Cette particularité fait du theremin le premier instrument non-haptique de l’histoire de la musique, et le précurseur de tous les dispositifs de captation gestuelle que l’on voit apparaître depuis quelques années. L’absence de clavier autorise des variations de hauteur subtiles et des glissandos de grande étendue, mais complique aussi la tâche des instrumentistes, qui ne peuvent pas se référer à des repères physiques dans l’espace. Ceci explique la relative obscurité de l’instrument tout au long de son histoire, et aussi le petit nombre de thereministes. Edgar Varèse fût un des premiers à s’intéresser à l’instrument et à composer pour lui (Ecuatorial, en 1935). Mais il fût surtout utilisé dans les années 50, en particulier dans la musique exotica et le cinéma de science-fiction. Toujours fabriqué aujourd’hui (en particulier par la maison Moog aux USA), il connaît un regain d’intérêt, en particulier dans les musiques expérimentale et contemporaine.

Le premier modèle d’ondes Martenot, instrument électronique présenté par son inventeur Maurice Martenot en 1928, était actionné « à distance » à l’aide d’un câble et d’un jeu de poulies, et il faudra attendre plusieurs années pour qu’il soit doté d’un clavier. Ce clavier, flottant, permet des variations microtonales, et il est complété d’un dispositif formé d’une bague actionnant un ruban qui, en se déplaçant au-dessus du clavier permet, comme avec le theremin, un jeu en glissando. Si le son évoque à première écoute celui du theremin, il offre cependant une variété de timbres plus riche, en particulier par l’adjonction de diffuseurs (divers modèles de haut-parleurs spéciaux, munis de ressorts réverbérants, mais aussi de cordes sympathiques). Et contrairement au theremin, dont la forme définitive fût fixée dès l’origine, il fût perfectionné par son inventeur jusqu’à sa mort en 1982. Les ondes Martenot ont suscité un vaste répertoire (Darius Milhaud, et en particulier Olivier Messiaen), et font l’objet d’un enseignement officiel au concervatoire de Paris depuis plusieurs décennies.

extraits

Loin en Russie, dans une isba, à Klouchino,
Vivent les Gagarin’, dans un petit hameau.
Ce sont de simples gens, ils ont de beaux métiers :
Anna est kolkhozienne, Alexeï charpentier.
Youri, leur fils cadet, ravit ses deux parents,
C’est un garçon gentil, attentionné, aimant.
Élevé au grand air, jouant parmi les blés,
Il observe les cieux, où pleins d’agilité,
Ses frères, les oiseaux, viennent virevolter,
À défaut de voler, il les suit en pensée.“

"Il n’est sûrement pas nécessaire d’évoquer ce que j’ai ressenti quand on m’a proposé d’accomplir le premier vol de l’histoire. Etait-ce de la joie ? Non, ce n’était pas que de la joie. Etaitce de la fierté ? Non, ce n’était pas que de la fierté. J’ai éprouvé un grand bonheur. Etre le premier à voler dans le cosmos, le premier à me trouver seul à seul avec la nature — peut-on rêver à mieux ? Alors j’ai pensé à l’immense responsabilité qui repose sur mes épaules. Etre le premier à réaliser ce à quoi rêvent des générations d’hommes, être le premier à ouvrir le chemin du cosmos à l’humanité.… Nommez-moi une tâche plus difficile. Il ne s’agit pas d’être responsable devant un individu, devant des dizaines d’hommes, devant une collectivité. Il s’agit d’être responsable devant tout le peuple soviétique, devant toute l’humanité, devant le présent et le futur.”
Youri Gagarine


crédits

équipe

jeu
Laurent DAILLEAU theremin
Denis Eyriey
Judith Morisseau
Victor Ponomarev
Nadia Ratsimandresy ondes Martenot
Ostap Tchovnovoï
et en alternance Adèle Costa et Dimitri Meliz.

Conception, mise en scène : Judith Depaule
Assistanat à la mise en scène : Katia Grosse-Ponomareva
Dramaturgie : Thomas Cepitelli
Scénographie : Chloé Fabre
Costumes : Misa Ishibashi
Lumières : Bruno Pocheron
Vidéo : Olivier Heinry
Création films animation : Martin Depaule, Jean-Charles Mouveaux
Images aériennes : Denis Gaubert / pilote : Florent Oddon
Création musique : Laurent Dailleau*
Conception sonore : François Parra
Construction : Ivann Le Gall, Laurent Livet
Direction technique : Pierre Garcia / Denis Gaubin
Presse : Cécile Morel

production

Production : Mabel Octobre.

Coproduction : Centre Culturel Andre Malraux Scène nationale de Vandoeuvre-Les-Nancy, Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines Scène nationale, Muse en Circuit - centre national de création musicale, Centre de création numérique Le Cube.

Avec l’aide à l’écriture du Centre national du Théâtre, le concours du ministère de la culture et de la communication (DICREAM et DMDTS : commande de l’Etat pour la musique), de l’ADAMI et de la SPEDIDAM.

Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.

Avec le soutien de Folimage - Drôme, du GMEM centre national de création musicale et du Parc aux Étoiles de Triel-sur-Seine.

Mabel Octobre est conventionnée par la DRAC Ile-de-France et la Région Ile-de-France.

merci à

Toutes les personnes et les institutions qui nous ont confié témoignages et documents à propos de Youri Gagarine et de ses passages en France en 1963, 1965 et 1967.

amis de Mabel,

archives municipales d’Ivry et de Vitry,

cie Notoire,

Danièle Ansermet, Jean-Charles Depaule, Philippe Garel, Claude Heckmann, David Jisse, David Rolland,

Equipe du Théâtre de Saint-Quentin en Yvelines, Gigamic, Servideo.

presse

Humanité | Marie-José Sivach | 28/01/2007

« C’est un spectacle en 3D, absolument maîtrisé, où l’action se déroule sur le plateau, à l’avant-scène, à cour et à jardin, dans les airs et sur un immense écran qui barre le fond de la scène.

Chaque action pouvant s’entendre séparément mais fonctionnant, aussi, en parfaite harmonie. Le « peut-on rêver à mieux », leitmotiv récurant dans le texte, interroge le passé comme le présent.
Le mythe du héros traverse de part en part la pièce, de sa conceptualisation - et donc de son utilisation à des fins autres que mythiques - comme dans son acceptation populaire. […] Au-delà de l’exploit, au-delà du contexte politique, le XXe siècle s’était trouvé un héros capable de tout transcender. Un héros, dont la mort tragique dans un accident d’avion quelques années plus tard, ne fera qu’amplifier le phénomène d’identification.

Travail de laboratoire, théâtre expérimental, la mise en scène de Judith Depaule n’a rien de convenu. Toujours sur le fil, elle convainc par sa capacité à transcender l’imaginaire du spectateur, à lui laisser la possibilité de vivre en temps direct sa propre pièce. Adresse singulière et travail d’une précision presque scientifique, la poésie de ce spectacle naît de la rencontre improbable de tous ces ingrédients réunis ici avec une belle audace. »

Télérama | Cathy Blisson | 12/01/2007

« Pour Depaule, il y a derrière tout ça un rêve universel - se projeter dans un espace interstellaire -, pas si anodin dans une société qui ne s’autorise plus tellement d’utopies. […]

Cet étonnant spectacle se regarde comme un dessin animé en 3D, l’ironie de l’Histoire en plus. »

images

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autour du spectacle

Si j’avais un héros (cycle)

A l’occasion de la résidence de création et de la reprise de la pièce à St Quentin Vous en rêvez (Youri l’a fait), Judith Depaule et l’équipe de Mabel Octobre ont mené différents ateliers. Atelier en alphabétisation pour des femmes adultes, atelier théâtre, vidéo, musique ou encore arts plastiques avec des classes allant du CE2 à la 2nde.

Tous ces ateliers ont été menés autour d’un thème commun : le héros. Au regard du specatcle de Judith Depaule on comprend combien Youri Gagarine a marqué les esprits de toute une époque et est devenu le héros d’une génération, messager de la paix et de l’amitié entre les peuples. A ce titre, il est peut –être le dernier grand héros du XXème siècle. Porteur d’une idéologie il a été l’exemple à suivre de milliers de jeunes gens qui se souviennent encore aujourd’hui, émus, de tout ce qu’il a représenté pour eux.

Qu’en est-il des héros aujourd’hui ? Les jeunes générations en ont-elles encore ? Doivent-ils les inventer, puiser dans leurs imaginaires ou bien ces héros sont ils présents dans leurs vies de tous les jours ?

A quoi servent encore les héros ? A quoi ressemblent-ils ? Ont ils des pouvoirs magiques ou bien sont-ils des héros du quotidien ? D’où viennent-ils ? Que leur demande-t-on ? Sont-ils encore des héros politiques ?

Autant de questions qui se sont posés à nos jeunes auteurs, comédiens, dessinateurs ou réalisateurs. Des réponses différentes, des manières de répondre diverses mais qui forment un grand kaleïdoscope des héros de notre temps.

Cadavre Exquis

L’épopée du héros

Le décollage

Les expositions

Les héroïnes de Trappes
Les héros imaginaires

Les héros nationaux

Mon héros, c’est...

Youri Gagarine