créations

DESESPERANTO pose le principe d’un spectacle multimédia entièrement construit sur l’interactivité de trois médiums : texte, musique et vidéo. Chacun des médiums conduit tour à tour le cours dramatique du spectacle, générant le comportement des deux autres, à la manière d’un jeu ou les règles se définissent et se reconstruisent constamment jusqu’à créer une forme de poésie aléatoire.
Placée sous le signe de l’arbitraire, l’installation se propose de montrer comment un même contenu (message) provoque des réactions différentes selon comment il est envoyé (émission) ou reçu (interprétation).
Sous forme de spectacle / Sous forme d’installation
Inventé en 1887, l’espéranto proposait une langue universelle, extrêmement simple d’usage, assimilable en peu de temps et utilisable par tous. C’était l’aboutissement d’une volonté de communication entre le plus grand nombre de personnes ne possédant pas la même langue maternelle. Même si l’espéranto est encore aujourd’hui pratiqué par 3 à 10 millions de locuteurs, il n’a pas atteint le pari qu’il s’était fixé. L’informatique a, elle, introduit un langage désormais commun à toutes les cultures. L’arrivée du Web a accéléré plus avant ce processus et donné l’impression d’une communication en temps réel (chats) à l’échelle planétaire.
Chaque jour des nouveaux outils sont créés pour améliorer les modes de communication, mais qu’est-ce qui se communique ? L’hyper développement des outils de communication, la volonté effrénée de faire moderne nous retranche de la sensibilité et de la poésie. De vouloir toujours mieux communiquer, nous oublions l’essentiel. Comme le souligne John Maeda : « La technologie est conçue pour améliorer la technologie, pas la vie réelle. » Galvaudée par la technologie, la langue s’étiole, se raidit, ou à l’inverse s’hyper-psychologise, entre soviétisation et capitalisme texan : "préparer une influence positive en créant une ambiance de confiance et de crédibilité, décrypter le contenu émotif derrière les messages, anticiper et éviter les malentendus, passer en revue les différences qui peuvent mener au conflit, développer la vision et les techniques qui conduisent à un engagement réel de l’entreprise, construire et conduire une équipe motivée et responsable, déléguer les tâches tout en gardant le contrôle, produire un plan du projet pour une perspective de réussite maximale, planifier les projets avec une méthode universelle par étapes, identifier, quantifier ,contrôler les risques qui pourraient impacter le projet, mettre au point les stratégies de migration entre un client et un serveur, structurer du code avec des sous-routines, des fonctions et des packages intègres, traiter des données avec des tubes…
En 1914, Maiakovski déclarait : « Le mot ne doit pas décrire, mais exprimer par lui-même. Le mot à son arôme, sa couleur, son âme, le mot est un organisme vivant, et non pas seulement le signe de définition d’une notion quelconque. Le mot possède une cadence infinie, comme une gamme musicale. » A l’heure où il faut s’exprimer dans un style « en langage clair qui simplifie la vie », dans un monde d’hyper communication où le mot est galvaudé, vidé de son sens jusqu’à rejoindre le contenu des codes barres, ce constat ne doit-il pas être reformulé ? A analyser le langage utilisé en informatique, mais aussi du vocabulaire utilisé en entreprise, on s’aperçoit que la langue combine des associations de mots improbables, tendant à humaniser nos avancées technologiques, froides, virtuelles, mathématiques. Est-ce là le constat d’échec du modernisme et du post-modernisme ? Que sommes-nous au juste aujourd’hui si ce n’est « un bout de plastique et quelques numéros » ? Une combinaison de chiffres et de mots de passe en guise d’identité.
DESESPERANTO propose d’exacerber la chaîne de communication jusqu’à créer une forme de poésie aléatoire, tout simplement humaine, faite de mots-émotions, de mots-sons, de mots-images. L’installation utilisera donc la langue (ensemble de signes au sens large) comme matériau. Traitée par les 3 pôles, elle sera dite (pôle texte), interprétée (pôle son), écrite (pôle vidéo) ; se déclinant en contenu sémantique, contenant sonore, objet graphique.
Je ne sais où tu es ni quand tu prendras connaissance de ce message, je ne suis pas vraiment certain que cela soit toi, mais je te joins, j’établis le contact.
Contact : position entre deux corps (animés ou inanimés) qui se touchent comme une adhérence. Adhérence, réunion pathologique ou accidentelle de surfaces contiguës qui adhèrent entre elles ou encore pression exercée par un corps sur une paroi au cours de sa progression dans un espace.
Quand le contact ne s’opère pas, quand le message est mal perçu, nous pouvons relever les symptômes ou les causes suivantes :
Divergence d’interprétation pour une même information
Déformation volontaire ou involontaire de la signification d’une information au cours de sa circulation de corps en corps
Problèmes d’unité sur la chaîne de l’information
Problème de décodage des sigles
Erreurs de sens dues aux homonymes et synonymes
Erreurs de sens dues aux fautes orthographiques, grammaticales et syntaxiques.
Qualité mauvaise de l’information
Incompatibilité des systèmes de décodage
Trop grand nombre d’intervenants sur le processus de circulation de l’information
Trop grand nombre de supports utilisés
Problèmes de langage et de vocabulaire
Volonté de modifier la signification de l’information transmise, de la retarder en vue de choisir un moment favorable, de la bloquer, de la rendre incompréhensible.
Utilisation des moyens de communication à des fins inacceptables
Utilisation d’information non autorisées
Location Galery
Consultation vidéo payante
Vidéo des performances des 19 & 20 Décembre
Une demo est également disponible.
Format : Windows Media File 7.1
Débit : 256 kbps (conexion haut débit requise)
Navigateur recommandé : Internet Explorer 5 ou supérieur
• Galerie Public
Programmation en cours, archives, contact...
Nécessite le Flash plug-in.
Location : PUBLIC art gallery 4, impasse Beaubourg F - 75003 Paris +33 (0) 1 42 71 49 51 +33 (0)1 42 71 49 51 public@voila.fr http://www.icono.org/public/
DESESPERANTO is a multimedia performance that relies upon interactivity between threee media : text, music and video. Each medium takes the lead on turns and alterates the dramatic flow by controlling the behavior of the other two. It’s a kind of game which rules keep on being redefined and rebuilt, until it generates random poetry.
Moved by arbitrary processes, the installation’s proposal is related to communication and its weakness, the way a single content (message) may induce different reactions according to the way it is sent (emission) or received (interpretation).
Text : Judith Depaule
Music : Fred Costa
Video : Olivier Heinry
Programming : Catherine André
Technical Assistance : Emmanuel Debare
Judith Depaule, Fred Costa and Olivier Heinry already worked together on a multimedia play, respectively in writing / staging, musical composition and programming / video composition. Accrochez-moi, play for 3 actors, 4 videos and 5 loud-speakers was first shown at the Ménagerie de Verre, March-April 2001, during the Étrange Cargo Festival.
Judith Depaule & Fred Costa took part to the conception of a mixed-media play/exhibition entitled Illuminations. It was first shown Feb. 2000 at the Ferme du Buisson (Scène Nationale de Marne-la-Vallée) and shown at the CNDC of Châteauvallon and at the Théâtre de l’Avant-Scène (Cognac) during the 2000-2001 season.
Production : Mabel Octobre This project is funded by the DICREAM (Dispositif pour la Création Artistique Multimédia) mabeloctobre@noos.fr http://www.manga-burgah.net/desespe...