Les enfants de la terreur

Le choix de la lutte armée

Pris dans la vague mondiale de protestation contre la guerre du Vietnam et des troubles sociaux des « années 1968 », certains pays devinrent le théâtre d’un renouvellement des utopies révolutionnaires, dont certaines firent de la violence le cœur de leur action. Dans les trois anciens pays de l’Axe marqués par le fascisme, des organisations d’extrême gauche prirent les armes : l’Armée rouge japonaise (ARJ) au Japon, la Fraction Armée Rouge (RAF) en Allemagne, et les Brigades Rouges (BR) en Italie. Chacune à sa façon, défraya la chronique jusqu’à la fin des années 90, par des séries d’attentats, avec une phase très active au cours des années 70, dite décennie « rouge » ou « de plomb ».

Durée 2h
Disponible en tournée
Création au Théâtre National de Bretagne, Festival Mettre en scène
Tout public à partir de 15 ans

INTENTION

Les Enfants de la Terreur est une proposition de spectacle multimédia sur celles et ceux qui, dans le sillage de 1968, choisirent la lutte armée au sein de la Fraction Armée Rouge (RAF), des Brigades Rouges et de l’Armée Rouge Japonaise, à travers l’histoire de 6 militants, et avec un focus sur l’année 72, année du passage à l’acte pour ces trois organisations et de la prise d’otage aux JO de Munich. Elles défrayèrent la chronique jusqu’à la fin des années 90 par des séries d’attentats, avec une phase très active au cours des années 70, dite décennie « rouge » ou « de plomb ».

Ces femmes et ces hommes ne trouvèrent pas, dans les forces politiques en présence dans leurs pays, d’écho suffisant à leur besoin de rupture avec un passé réactionnaire, marqué par le fascisme, et à leur demande de changement pour une société plus libre et plus juste. Ils tentèrent d’y remédier à leur façon.

Née trop tard pour avoir vécu cette période révolutionnaire, mais trop tôt pour m’en défaire, j’héberge, à mon corps défendant, l’héritage d’une utopie révolue qui oscille entre fascination et rejet et me pose la question critique de mon propre engagement. Changer le monde, le rendre meilleur, faire justice, mais comment et à quel prix ? En revisitant ce « moment historique » de la contestation, je cherche à mettre en perspective un présent embarrassé et difficile, afin d’envisager l’avenir. Je souhaite interroger ces années de paroxysme notamment par un environnement visuel et sonore en mouvement qui n’a de cesse de flirter avec l’agréable déplaisir. S’atteler à créer un état de violence totale sensoriel.

Mêlant des témoignages, des textes contestataires et de propagande de ces années-là, une composition musicale originale en hommage à la scène rock expérimentale de l’époque jouée en direct par deux musiciens et ponctuellement par les comédiens (synthétiseur analogique, basses et guitares électriques), un travail vidéo et lumineux fondés sur des jeux sensoriels, le spectacle relate le parcours d’anciens militants,  rend compte de leur vie de « révolutionnaires » et reconstitue certains attentats, tous commis en 1972.

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INTENTION

Les Enfants de la Terreur est une proposition de spectacle multimédia sur celles et ceux qui, dans le sillage de 1968, choisirent la lutte armée au sein de la Fraction Armée Rouge (RAF), des Brigades Rouges et de l’Armée Rouge Japonaise, à travers l’histoire de 6 militants, et avec un focus sur l’année 72, année du passage à l’acte pour ces trois organisations et de la prise d’otage aux JO de Munich. Elles défrayèrent la chronique jusqu’à la fin des années 90 par des séries d’attentats, avec une phase très active au cours des années 70, dite décennie « rouge » ou « de plomb ».

Ces femmes et ces hommes ne trouvèrent pas, dans les forces politiques en présence dans leurs pays, d’écho suffisant à leur besoin de rupture avec un passé réactionnaire, marqué par le fascisme, et à leur demande de changement pour une société plus libre et plus juste. Ils tentèrent d’y remédier à leur façon.

Née trop tard pour avoir vécu cette période révolutionnaire, mais trop tôt pour m’en défaire, j’héberge, à mon corps défendant, l’héritage d’une utopie révolue qui oscille entre fascination et rejet et me pose la question critique de mon propre engagement. Changer le monde, le rendre meilleur, faire justice, mais comment et à quel prix ? En revisitant ce « moment historique » de la contestation, je cherche à mettre en perspective un présent embarrassé et difficile, afin d’envisager l’avenir. Je souhaite interroger ces années de paroxysme notamment par un environnement visuel et sonore en mouvement qui n’a de cesse de flirter avec l’agréable déplaisir. S’atteler à créer un état de violence totale sensoriel.

Mêlant des témoignages, des textes contestataires et de propagande de ces années-là, une composition musicale originale en hommage à la scène rock expérimentale de l’époque jouée en direct par deux musiciens et ponctuellement par les comédiens (synthétiseur analogique, basses et guitares électriques), un travail vidéo et lumineux fondés sur des jeux sensoriels, le spectacle relate le parcours d’anciens militants,  rend compte de leur vie de « révolutionnaires » et reconstitue certains attentats, tous commis en 1972.

Armée Rouge Japonaise
Les années 60 au Japon sont marquées par de fortes tensions sociales et politiques, alimentées par la Guerre du Vietnam, la demande de restitution de l’Ile d’Okinawa aux Etats-Unis, le renouvellement du traité de sécurité américain et le pacte de normalisation avec la Corée du Sud. Le pays s’oppose massivement à la présence de l’armée américaine qui dispose de nombreuses bases militaires sur le sol japonais pour son intervention au Vietnam. Les étudiants dénoncent les facultés privées, les modes de sélection et la hausse drastique des droits d’inscription dans les établissements publics ou encore les méthodes d’enseignement. Des scandales financiers dans les universités enveniment la situation. En octobre 1967, l’aéroport d’Haneda est bloqué pour empêcher le Premier ministre Eisaku Sato de se rendre au Sud Vietnam. Les forces de l’ordre se déchaînent et abattent un étudiant de Kyoto. Durant l’année 68, des émeutes éclatent dans tout le pays, affrontant violemment étudiants et forces de l’ordre ; elles redoublent en 1969, causant des milliers de blessés et entraînant plus de 10 000 arrestations.
Dans ce contexte, au milieu d’autres groupes d’extrême-gauche, naît la Sekigun (Fraction Armée Rouge) en 1969. Elle déclare la guerre au monde entier et appelle à prendre les armes. Deux mois après sa création, alors qu’elle s’apprête à enlever le Premier ministre Sato, la Sekigun est mise à mal par une série d’arrestations. Elle réalise néanmoins le détournement de l’avion Yodo de la Japan Airlines en Corée du Nord en 1970. En 1971, certains de ses membres forment avec le Keihin Anpo Kyoto (Comité de lutte Tokyo-Yokohama contre le traité de sécurité américain) la Rengo sekigun (Armée rouge unifiée), qui procède à des attaques de banques et de dépôts d’armes et commet un assassinat politique sur la femme d’un policier. En prise à la dérive totalitaire, l’organisation pratique des purges au sein de ses rangs, entraînant la mort de plusieurs militants. Son histoire s’achève par l’interpellation de tous ses membres et la prise d’assaut du Chalet Asama par la police en 1972, occupé par les derniers résistants. Une partie de ses membres gagne le Liban pour se rapprocher du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) et forme, en 1972, la Nihon sekigun (Armée rouge japonaise ou ARJ), d’orientation internationaliste, dirigée par Fusako Shigenobu, qui entend faire la révolution mondiale pour l’implanter au Japon.
Ce sont des membres de l’Armée Rouge Japonaise qui, au nom du FPLP, réalisent le premier attentat suicide de l’Histoire, à l’aéroport de Lod-Tel Aviv, le 30 mai 1972. Suit une longue série d’attentats où l’ARJ tente de négocier la libération de ses membres et rançonner l’Etat japonais : détournements d’avions, prises d’otages, attaques à la roquette, à la bombe, à la voiture piégée ou au mortier, tournés vers des sites japonais et américains. L’organisation met en place une opération de kidnapping de financiers japonais travaillant en Europe, immédiatement démantelée par les Services secrets français. Elle collabore, entre autres, avec Carlos. L’ARJ devient le Parti Révolutionnaire du Peuple et continue à soutenir d’autres mouvements révolutionnaires. Shigenobu est arrêtée en 2000 au Japon.

Fraction Armée Rouge
En RFA, les milieux étudiants s’enflamment contre la guerre du Vietnam, la société de consommation calquée sur le modèle américain, les valeurs conservatrices et autoritaires du gouvernement de Bonn et les lois d’urgence. La gauche traditionnelle (SPD) ayant formé une « grande coalition »  avec les Chrétiens démocrates (CDU), une opposition extra-parlementaire (ApO) s’organise autour de l’Union socialiste des étudiants (SDS). Lors de la venue du Shah d’Iran à Berlin-Ouest, le 2 juin 1967, de violentes altercations éclatent et un étudiant est abattu par un policier, disculpé. L’attentat de 1968 contre le leader du SDS, Rudi Dutschke, aggrave le malaise, provoquant de nombreuses manifestations en RFA comme à l’étranger, notamment contre le groupe de presse Springer qui calomnie les étudiants.

En avril 1968, quatre jeunes gens (dont Andreas Baader et Gudrun Ensslin), en réponse au génocide vietnamien, mettent le feu à deux grands magasins de Francfort. Inculpés, ils fuient à l’étranger. À son retour, Baader est interpellé. Sa libération, le 14 mai 1970, par un commando armé composé d’Ulrike Meinhof, d’Horst Malher et d’Ensslin signe l’acte fondateur de la Fraction Armée Rouge, dont les actes d’exaction et les attentats à la bombe commencent à se multiplier à travers le pays. Devenue une priorité gouvernementale, l’arrestation en juin 1972 des « deseperados » de la « bande à Baader » est d’autant plus saluée qu’elle coïncide avec l’attentat de Lod. La RAF comme l’ARJ bénéficient du soutien logistique du FPLP et certains de ses membres séjournent dans des camps d’entraînement palestiniens.

Pour protester contre leurs conditions d’enfermement (isolation, privation sensorielle), les détenus politiques entament plusieurs grèves de la faim, entraînant le décès d’Holger Meins qui donna lieu à de nouveaux attentats (assassinats, explosions, séquestrations, prises d’otage). En 1975, à la prison de Stammheim, dans un bâtiment spécialement construit pour l’occasion, s’ouvre le procès de Baader, Ensslin, Meinhof et Jean-Carl Raspe, à qui on retire les droits de défense et de comparution. Après la découverte de Meinhof morte dans sa cellule, la violence redouble de part et d’autre, avec des attentats de plus en plus meurtriers et des conditions d’enfermement toujours plus inhumaines. À l’automne 1977, officiellement, Baader, Ensslin, Raspe se suicident en prison.
De 1985 à 1991, des assassinats de « grands patrons » sont revendiqués par la RAF. Une nouvelle vague d’arrestations en 1990 décime le mouvement. En 1998, les derniers membres déclarent déposer les armes. Deux autres groupes armés défendent des revendications similaires à la RAF : le mouvement du 2 juin et les Cellules révolutionnaires (RZ).

Brigades Rouges
En Italie, la révolte étudiante, initiée en 1967, due à la massification scolaire et aux méthodes d’enseignement, s’ouvre à la guerre du Vietnam et fait la jonction avec la contestation ouvrière. « L’Automne chaud » des usines en 1969 suscite plus de 8000 inculpations. Les modes ordinaires d’action militante contre l’exploitation sont délaissés au profit de formes de lutte illégales : occupations d’usine, séquestrations de cadres, sabotages. Premier d’une longue série de « massacres d’État » en réponse aux troubles sociaux, l’attentat de la Piazza Fontana à Milan en décembre 1969, orchestré par les fascistes, agit comme un révélateur pour de nombreux militants. Certains groupes, comme Lutta Continua ou Potere Operaio, issus de l’opéraïsme, choisissent la résistance légale, d’autres, comme les Groupes d’action Partisanes fondés par l’éditeur Giacomo Feltrinelli, puis les Brigate Rosse, la lutte armée. La radicalité des luttes ouvrières persiste jusqu’en 1973. Suite à un nouveau projet de réforme universitaire, la rébellion étudiante reprend en 1977 avec le mouvement autonome.

Les Brigate Rosse (Brigades Rouges) sont fondées en novembre 1970 par Mara Cagol, Renato Curcio et Alberto Franceschini. Hormis des opérations d’exaction et des incendies, les BR trouvent leur mode opératoire avec la « mise au pilori », en enlevant, séquestrant, blessant (« jambisation ») et assassinant des hommes de pouvoir. Leur premier séquestre du patron de la Sit Siemens, de courte durée, est réalisé le 3 mars 1972. Après 1973, les groupes d’extrême-gauche doivent changer de stratégie et rompre avec le Parti Communiste Italien (PCI) qui opère un rapprochement avec le parti de la Démocratie Chrétienne (DC). Les brigadistes de la première heure ayant été arrêtés en 1974, la direction des BR est reprise par Mario Moretti qui préconise « l’attaque au cœur de l’État », puis, à l’inculpation de ce dernier en 1981, par Barbara Balzerani. En 1978, alors que la DC et le PCI s’apprêtent à former un gouvernement de « compromis historique », les BR kidnappent Aldo Moro, président de la DC. Sa mort, au bout de 55 jours de réclusion et de négociations vaines, consacre la fin d’un combat. À partir de 1981, suite à des scissions, plusieurs groupes issus des BR continuent sporadiquement à réaliser des attentats. En 1987, certains brigadistes annoncent la fin de la lutte armée.

Pour faire face à l’usage de la violence (d’autres organisations d’extrême gauche telle que Prima Linea, recoururent aux armes, mais aussi des groupes d’extrême droite), l’Italie vote des lois d’exception permettant d’arrêter une personne sur simple soupçon ou d’allonger la détention préventive pour les terroristes présumés, puis adopte une politique de « réconciliation » avec deux nouvelles figures juridiques : le « repenti » et le « dissocié ».

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MISE EN SCÈNE DU SPECTACLE

MISE EN SCENE

Narration
La narration s’attache à des figures marquantes issues des trois mouvements, militants de la première heure : Fusako Shigenobu, Kozo Okamoto, pour le Japon ; Ulrike Meinhof, Andreas Baader, pour l’Allemagne ; Margherita Cagol, Renato Curcio, pour l’Italie, ainsi qu’à May Shigenobu, en tant qu’enfant de militant, pour témoigner de son enfance clandestine. Ils racontent leur parcours, leur éveil politique, ce qui les a poussé au choix des armes, le passage à l’acte et les premiers attentats, la vie clandestine, leur rapport à la mort (la leur, celle de leurs camarades, celle de leurs victimes) et la fin de la lutte. Les séquences de témoignages alternent avec des scènes chorales chorégraphiées où les identités se confondent et où il est question de façon plus générale de la figure du terroriste, du rapport aux armes, de la clandestinité et de la détention. Enfin, quatre séquences donnent à «revoir» des attentats,  tous perpétués en 1972 : la prise d’otages aux JO de Munich par l’organisation palestinienne Septembre Noir ; l’enlèvement d’Idalgo Macchiarine à Milan par les BR ; la série d’attentats à la bombe contre des objectifs militaires, policiers, judiciaires et médiatiques dans six villes allemandes par la RAF ; la fusillade à l’aéroport de Lod à Tel-Aviv par l’ARJ.

Distribution
La distribution réunit des comédiens âgés entre 25 et 35 ans (3 femmes et 3 hommes), comme l’étaient les révolutionnaires de l’époque, ainsi qu’une acrobate aux rôles multiples (enfant, gymnaste…). Ils auront à tenir une triple partition : textuelle, corporelle et musicale. Au plateau sont également présents deux musiciens et un technicien.

Travail corporel
La contestation de la fin des années 1960 s’illustra aussi par la révolution des corps : il fallait se débarrasser de tous les carcans sociaux mis en place par la bourgeoisie et, à ce titre, libérer les corps autant que les esprits. La vie clandestine, souvent communautaire, impliquait un autre état de corps. Les corps sont politiques, à la fois libérés et guerriers, mis à l’épreuve par le combat, la privation, la peur et l’enfermement. 4 moments chorégraphiés rythmeront le spectacle. Les acteurs suivront un entraînement physique pendant toute la durée des répétitions (Body Mind Centuring, maniement des armes, Aïki Ken, zoomorphisme).

Musique
Reprenant à leur compte une attitude protestataire, des musiciens (notamment en Allemagne et au Japon) posèrent les bases d’une nouvelle musique, en réaction au modèle anglo-saxon dominant. En RFA, ce fut, en particulier sous l’influence de KarlHeinz Stockhausen, l’apparition à la fois du Krautrock et de la Kosmische Musiek, et, au Japon, d’un courant qui allait poser les bases de la noise music. Qui plus est, certains musiciens importants de ces scènes vivaient dans une grande proximité, pas seulement intellectuelle, avec les organisations contestataires (en RFA, le groupe Amon Duül était issu de la Kommune I ; au Japon, le bassiste des Rallizes Dénudés participa à un détournement d’avion perpétré par l’Armée Rouge japonaise). L’Italie, quant à elle, se caractérisa d’avantage par des chansons à texte, au contenu parfois très engagé. La musique composée pour le spectacle sera une relecture de ces musiques expérimentales, superposée à des chants révolutionnaires de référence. Elle sera interprétée en direct par deux musiciens (synthèse modulaire, effets, guitares électriques, voix), rejoints par les comédiens, qui chanteront et joueront de guitares et de basses.

Scénographie et images
L’élément principal de la scénographie est un mur lumineux constitué d’un assemblage de boîtes de leds. L’idée du mur s’impose comme ce qui se dresse, vous empêchant d’avancer, ce contre quoi on se heurte et donc ce qu’il y a à détruire. C’est aussi le mur que chacun érige pour soi-même, qui, en vous aveuglant, engendre ses propres limites. C’est le mur de nos projections et de nos désillusions, en constante évolution.

Un mur de 8,80×4,40m, qui, dans le spectacle, peut à la fois être réceptacle (tel un écran) d’une projection vidéo HD (provenant de la face du plateau) et devenir la projection elle-même, grâce à un système qui consiste à envoyer aux plaques de leds qui composent le mur un flux vidéo traduit alors en autant de pixels qu’il y a de plaques (800 = 40x20px). Une alternance entre une image tangible et une image incertaine, parce que fortement pixelisée, ou une image hypnotique comme peuvent l’être les compositions cinétiques qui jouent des rapports de formes et de couleurs – autant d’allers et de retours entre différents états de perceptions. Comme il s’agit de deux sources différentes (de face et à l’intérieur), le tangible peut tout aussi bien rencontrer l’incertain ou l’hypnotique, en se superposant et se mélangeant. Le statut de l’image se déplace entre fixations mnésiques (extraits d’archives des année 70), incursion dans le réel (le « ici et maintenant » de la représentation donné à voir en direct) et espace sensoriel (animations de leds et déformations). Il tend à restituer le caractère instable, changeant, de notre perception de l’Histoire, la vision d’un réel multiple et insaisissable.

« L’écran est plan, mais permettant le mouvement, il est aussi espace, il n’a donc pas deux mais quatre dimensions ». (Vasarely). Aussi fixe et imposant que soit le mur, il devient grâce à son utilisation un élément central mouvant. Centre nerveux du spectacle il est connecté avec tous les autres acteurs du spectacle : avec la musique et le son qui peuvent le faire vibrer, moduler, s’embraser ou changer de couleurs ; avec la lumière qui l’augmente ou le soustraie ; avec les acteurs qui depuis le plateau modifient son aspect. Pour ce faire toutes les entités engagées dans l’écriture du spectacle sont synchronisés et peuvent à loisir influer le comportement de l’autre dans l’idée d’une « dramatoolgie » où tous les médias participent à l’écriture générale du plateau.

Des caisses en bois montées sur roulettes (conçues par ailleurs pour ranger le mur) sont utilisées tout au long du spectacle comme sièges, véhicules, table, cellules de prison, couches, promontoires. En bois brut, elles rappellent les caisses qui servent à transporter des armes ou plus métaphoriquement aux caisses de l’histoire qu’il est parfois nécessaire de fracturer pour exhumer le passé.

Reconstitution d’attentats
Le spectacle donnera à voir 4 reconstitutions d’attentats, traités à chaque fois de façon différente afin d’explorer plusieurs déclinaisons de spectacularité et de rendre l’idée d’un « jeu » dont la nature changerait mais pas les règles. Comment représenter la violence sur une scène de théâtre ?
1. mélange de reconstitution scénique et de séquences filmées, effets spéciaux
2. incrustation en direct de personnages dans un paysage animé, tournage et montage en direct
3. théâtre d’objets : maquette miniaturisée, animée en direct par les comédiens, filmée et retransmise en vidéo
4. séquence de jeu vidéo interactive jouée en direct par les comédiens

Costumes
La fin des années 60 et les années 70 ont été une révolte pour la mode s’opposant aux normes. Les femmes ont soudain eu tous les droits, les hommes quant à eux se sont féminisés. En haute couture, trois créateurs majeurs ont secoué les crinolines et influencé la mode de la rue presque en même temps : Courrèges, Paco Rabanne et Yves Saint Laurent.
Les militants auront chacun leur silhouette qui emprunte à la mode de ces années-là et déclineront des accessoires pour se métamorphoser en un clin d’œil (blouse, survêtement, k-way, masques, cagoules…).

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EXTRAIT DU TEXTE

EXTRAIT

Comment ne pas courir le risque de devenir violent, quant la brutalité policière détermine la loi de l’action, quand la rage impuissante l’emporte sur la rationalité souveraine, quand face aux interventions paramilitaires de la police on riposte par des moyens paramilitaires. Si l’on jette une pierre, c’est un acte criminel. Si l’on jette mille pierres, c’est un acte politique. Si l’on incendie une voiture, c’est un acte criminel. Si l’on incendie des centaines de voitures, c’est un acte politique. L’indignation n’est pas une arme, elle est stupide et creuse. Celui qui est vraiment indigné, donc concerné et mobilisé, ne crie pas, mais réfléchit à ce qu’il peut faire. La protestation, c’est quand je dis ceci ou cela ne me plaît pas. La résistance, c’est quand je fais en sorte que ce qui ne me plaît pas ne se produise plus.

PROCHAINES DATES

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ÉQUIPE

Conception, mise en scène Judith Depaule
Assistanat à la mise en scène Aude Schmitter
Collaboration artistique Paul Grivas

Musique Eryck Abecassis, Mell
Direction technique, conception mobilier Tanguy Nédélec
Dispositif technique Thomas Pachoud

Conception du mur Martin Rossi

Lumières Bruno Pocheron
Son Julien Fezans
Animation, compositing Julien Jourdain de Muizon
Costumes Marie-Noëlle Peters
Maquette Lætitia Labre, Antoine Lenoir
Travail corporel Cyril Casmèze, Bruno Marin, Tamara Milla-Vigo
Production Virginie Hammel
Communication Camille Richard, Fanny Surzur

Avec Baptiste Amann, David Botbol, Marie Félix, Jonathan Heckel, Judith Morisseau, Anne-Sophie Sterck,Cécile Fradet, Eryck Abecassis (synthèse modulaire, basse), Mell (guitare électrique, chant)
et la participation de Tanguy Nédélec, Thomas Pachoud ou Martin Rossi
et à l’image de Paul Grivas, Hussein El Azab

Avec l’aide de Christèle Ortu et Matthieu Dandreau (blog), Fanny Bugnon (consultation historique), Pauline Yaoua Zurini, Marie-Pierre Hassan, Lorea Chevallier, Maria Loura-Estevão (couture), Kévin Canonake, Benoist Debry, François Le Bail, Karl Lecomte, Quentin Marret, Nicolas Penancier, Robin Simonnet, Teddy Vataire et Kevin Wong (jeu vidéo), Michael Salembier (modélisation 3D), Julien Jussaume (structure métallique), Andrea Schieffer (traduction de l’allemand), Danièle Amsermet (traduction de l’italien), Kentaro Sudoh (traduction du japonais), Valérie Joly (travail de la voix), Laurent Ramos-Ruiz (tonfa)

À la mémoire de Laurent Dailleau

PRODUCTION

Production Mabel Octobre (conventions Drac et Région Ile-de-France)
Coproduction TNB – Théâtre national de Bretagne / Rennes, Centre culturel André Malraux – scène nationale de Vandœuvre-lès-Nancy
Avec le soutien en production du  FACM (Fonds d’aide à la création mutualisée) – Festival théâtral du Val d’Oise, de L’apostrophe – scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise
Avec la participation du DICRéAM
Avec le soutien de l’Institut international de la marionnette, Charleville-Mézières, dans le cadre du Programme « Création et compagnonnage » soutenu par la Région Champagne-Ardenne, d’Ile-de-France Active
Ce projet bénéficie de l’aide au compagnonnage de la DGCA (Direction générale de la création artistique)
Et de l’aide de la Spédidam, du Fijad (Fonds d’insertion pour les jeunes artistes dramatiques), d’Arcadi Île-de-France / Dispositif d’accompagnements
En partenariat avec la Fabrique Sonore, l’IIM (Institut de l’internet et du multimédia)

Résidences Centre dramatique de la Courneuve, Théâtre de Gennevilliers – centre dramatique national, Théâtre de Goussainville – Espace Sarah Bernhardt, Nil Obstrat – Saint-Ouen-l’Aumône, La Ferme du Buisson – scène nationale de Marne-La-Vallée, Carré Magique Lannion Trégor  – pôle national des arts du cirque, L’apostrophe – scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise, TNB – Théâtre national de Bretagne / Rennes

REMERCIEMENTS

Avec le soutien des Amis de Mabel Danièle Ansermet, Fabien Audusseau, Fabien Barontini, Catherine Berger, Sophie Bouillot, Fanny Bugnon, Tangi Cavalin, Hélène Chartier, Sophie Cohen, Gilbert Cosset, Jean-Charles Depaule, Vincent Deslandres, Gautier Fournier, Philippe Garel, Myriam Gilain, Pierre Giraud, Claire Guillemain, Jean-Louis Heckel, Eric Le Duff, Caroline Mangin-Lazarus, Pascaline Marot, Marine Pedeboscq, Georges Pfeiffer, Charlotte Ramond, Nadia Ratsimandresy, Michèle Rault, Isabelle Romain, Susanna Shanon, Dominique Simmonet, Juliette Uebersfeld, Nathalie Viet-Depaule, Sofi Vaillant, Jean-Pierre Vincent

Merci à Masao Adachi, Nicole Brenez, Pierre Carniaux, Serge Deniaud, Aïko Harima, Jun Hirose, Yvon Julou, Sylvain Larquier,  Jocelyne Michard, Gloria Paris, Laurent Ramos-Ruiz, Jeanne Revel, Julia Riggs, Thimothé Robin, Astrid Rostaing, Danièle Schullman, Noji de Tokyo

et à l’I.M.S. (Imprimerie multiservices) de Pantin, Confluences