Je passe

Une proposition de Judith Depaule
D’après les témoignages des adhérents de l’atelier des artistes en exil

Passés de l’autre côté pour avoir fui la guerre, les conflits ethnicistes, les répressions politiques, les discriminations sexuelles, les ségrégations ethniques… Arrivés avec un visa, par la route ou la Méditerranée ou contraints de rester en France, 14 artistes livrent leur portrait en vidéo et leur récit d’exil porté par des interprètes.

Durée 55 min
Création 2017
Tout public

Je passe 1 & 2 : Création pour le festival Visions d’exil
Je passe 3 fait l’objet d’une commande de la part du Collège des Bernardins,
dans le cadre du colloque « Quel avenir pour le Moyen-Orient ? États-nations, communautés, minorités. »

INTENTION

Je passe propose un focus sur le moment fatidique du passage de la frontière pour celles et ceux qui décident de la franchir pour ne plus revenir, laissant derrière eux une terre, une maison, des parents, des amis. Le passage est le plus souvent vécu comme une épreuve nécessaire pour accéder à une nouvelle existence. Il s’agit plus particulièrement de récits d’artistes en exil, dont certains se produisent durant le festival.

Ils viennent de Syrie, du Soudan, de Guinée, des deux Congo, d’Azerbaïdjan, du Kazakhstan, de Côté d’Ivoire, d’Iran, d’Afghanistan, du Tchad ou de Lybie. Ils ont vécu la guerre, les conflits ethnicistes, les répressions politiques, les discriminations sexuelles, les ségrégations ethniques… Ils sont arrivés avec un visa, par la route ou la Méditerranée ou ont été contraints de rester en France. Flirtant avec la mort, ils ont quitté leur pays et tout laissé derrière eux… Ils se racontent. Tandis que leur portait vidéo regarde le public, les comédien.ne.s donnent à entendre très sobrement leur récit et leur fuite inéluctable pour avoir encore le droit de vivre.
En France ?

Je passe 1 et 2
14 témoignages d’artistes en exil
Chaque histoire d’exil est confiée sur un mode intimiste aux spectateurs répartis en petits groupes, sous le regard en image des artistes eux-mêmes, présents sur des écrans.

Je passe 3
5 témoignages d’artistes du Moyen-Orient en exil
Histoires confiées au plateau face aux spectateurs de la salle, sous le regard en image des artistes, projetés sur écran.

[...]

INTENTION

Chaque artiste en exil a répondu aux questions suivantes : Pourquoi as-tu décidé de quitter ton pays ? Quel a été l’évènement déclencheur ? Le point de bascule ? Peux‑tu décrire très précisément le moment où tu as décidé de partir ? Que ressentais-tu ? Peux-tu raconter les moyens que tu as mis en œuvre pour partir ? Comment as-tu quitté ton pays ? Comment s’est passé ton départ ?

Ils viennent de Syrie, du Soudan, de Guinée, des deux Congo, d’Azerbaïdjan, du Kazakhstan, de Côté d’Ivoire, d’Iran, d’Afghanistan, du Tchad ou de Lybie. Ils ont vécu la guerre, les conflits ethnicistes, les répressions politiques, les discriminations sexuelles, les ségrégations ethniques… Ils sont arrivés avec un visa, par la route ou la Méditerranée ou ont été contraints de rester en France. Flirtant avec la mort, ils ont quitté leur pays et tout laissé derrière eux… Ils se racontent. Tandis que leur portait vidéo regarde le public, les comédien.ne.s donnent à entendre très sobrement leur récit et leur fuite inéluctable pour avoir encore le droit de vivre.
En France ?

Je passe propose un focus sur le moment fatidique du passage de la frontière pour celles et ceux qui décident de la franchir pour ne plus revenir, laissant derrière eux une terre, une maison, des parents, des amis. Le passage est le plus souvent vécu comme une épreuve nécessaire pour accéder à une nouvelle existence. Il s’agit plus particulièrement de récits d’artistes en exil, dont certains se produisent durant le festival.

Le public est dispersé par petits groupes dans le Forum sur les banquettes. Chaque interprète vient livrer un récit comme on confie une histoire intime à une oreille amie, puis se déplace de groupe en groupe. Il tient un iPad avec le portrait de l’artiste qui « regarde » le public et qui, à la fin du récit, s’anime pour délivrer un message artistique (chanson, dessin…). Le public assiste ainsi à une suite de courts récits d’exil, formant une mosaïque de témoignages.

Les artistes viennent de Guinée, de Côté d’Ivoire, d’Afghanistan d’Iran, d’Azerbaïdjan, du Kazakhstan, des deux Congo, du Soudan et de Syrie. Ils ont fui la guerre, le génocide, les milices, l’oppression, des représailles, les violences sexuelles, l’homophobie, la répression politique, un arrêt de mort, la peur… Ils ont rejoint la France dans l’espoir de commencer une nouvelle vie.

Je passe 1 et 2
14 témoignages d’artistes en exil
Chaque histoire d’exil est confiée sur un mode intimiste aux spectateurs répartis en petits groupes, sous le regard en image des artistes eux-mêmes, présents sur des écrans.

Je passe 3
5 témoignages d’artistes du Moyen-Orient en exil
Histoires confiées au plateau face aux spectateurs de la salle, sous le regard en image des artistes, projetés sur écran.

En savoir plus →

EXTRAIT DU TEXTE

EXTRAIT

« À ma sortie de prison, je suis resté à Daraa pendant 3 mois, enfermé chez moi, je n’avais plus le sentiment d’être vivant. J’avais quitté Damas, parce que je ne pouvais plus rien y faire. Il n’y avait plus de vie pour moi à Damas. Tous les jours tu fais face aux mêmes difficultés. Tu prends le bus, tu as peur ; tu marches dans la rue, tu as peur ; tu vas à la faculté, tu as peur ; tu as peur de n’importe quoi. Tu n’as qu’une envie : vivre une journée sans avoir peur. »
– Omar

« Un ami a décidé de traverser la Méditerranée. Deux jours après il y a eu un naufrage et plus de 500 morts. Mon ami, il était dedans. Les côtes ont fini par vomir les cadavres, des personnes à moitié dévorées par les poissons, certaines n’avaient pas de jambes, des femmes avaient perdu leurs seins. La plupart des personnes étaient d’une couleur blanche, on ne reconnaissait pas si c’était des Noirs ou des Blancs, la peau se détachait. Je me suis dit : “j’ai beaucoup souffert, j’ai vu tant de gens mourir, que je sois condamné à vivre ou à mourir, il faut que je m’en aille”. »
– Mohamed

« Il a fallu faire très vite, il nous restait très peu de temps. Mon mari a dit : prépare-toi, que les enfants soient prêts. Ne prends que peu de choses, juste une petite valise avec le strict nécessaire. C’était dur de tout laisser, je ne savais pas comment faire. À ce moment-là j’ai failli perdre le contrôle. Ce sont mes enfants qui m’ont sauvée. Je pensais constamment à mes enfants. Je pensais : il faut que je tienne bon, il ne faut pas que je m’effondre, nous allons trouver un moyen, peut-être que nous reviendrons. Mais si je reviens, je sais qu’ils me retrouveront et que ce sera encore pire. »
– Nassima

PROCHAINES DATES

Pas de représentations à afficher pour le moment.

VOIR TOUTES LES DATES

ÉQUIPE

Mise en scène Judith Depaule
Vidéo Samer Salameh
Programmation iPads Yannick Vallette
Avec Mathilde Bigan, Raphaël Bocobza, Fernand Catry, Pauline D’Ozenay, Anouk Darne-Tanguille, Nino Djerbir, Nicolas Gachet, Mouradi M’Chinda, Morgane Peters, Nathan Roumenov, Tamara Saade, Frédérico Semedo Rocha, Angelica Kiyomi Tisseyre-Sekine, Clémentine Vignais ou Pablo Jupin, Gregor Daronian Kirchner, Marie Levy, Geoffrey Mandon, Aude Schmitter

PRODUCTION

Mabel Octobre, L’atelier des artistes en exil, l’ERACM
Avec le soutien du Fijad
Création dans le cadre du festival Visions d’exil co-organisé par le Palais de la Porte Dorée – Musée national de l’histoire de l’immigration