DESESPERANTO

DESESPERANTO pose le principe d’un spectacle multimédia entièrement construit sur l’interactivité de trois médiums : texte, musique et vidéo. Chacun des médiums conduit tour à tour le cours dramatique du spectacle, générant le comportement des deux autres, à la manière d’un jeu ou les règles se définissent et se reconstruisent constamment jusqu’à créer une forme de poésie aléatoire.

Placée sous le signe de l’arbitraire, l’installation se propose de montrer comment un même contenu (message) provoque des réactions différentes selon comment il est envoyé (émission) ou reçu (interprétation).

sous forme de spectacle ou sous forme d’installation

intention

L’espéranto a posé le postulat d’une langue universelle, simple d’usage et utilisable par tous. C’était l’aboutissement d’une volonté de communication entre le plus grand nombre de personnes ne possédant pas la même langue maternelle. L’espéranto est aujourd’hui pratiqué par 3 à 10 millions de locuteurs dont le nombre ne fait qu’augmenter. De son côté, l’informatique a introduit un langage commun à toutes les cultures, processus accéléré par le web qui donne l’illusion d’une communication en temps réel à l’échelle planétaire. Chaque jour de nouveaux outils sont créés pour améliorer les modes de communication, mais qu’est-ce qui (se) communique ? L’hyper développement des outils de communication, la volonté irrépressible de faire moderne nous retranchent de la sensibilité et de la poésie. De vouloir toujours mieux communiquer, nous oublions l’essentiel. Comme le souligne John Maeda : « la technologie est conçue pour améliorer la technologie pas la vie réelle. » Galvaudée par la technologie, la langue s’étiole et se raidit. A trop vouloir communiquer jusqu’à engendrer des messages indésirables et des embouteillages électroniques, nous occultons le déficit de communication entre les individus et entre les peuples. Nous justifions notre ingérence du monde occidental surinformé (mal informé) dans le développement d’un tiers et nouveau Tiers monde, en mal de communication par une attitude désinvoltement manichéenne (et si le monde n’était qu’un grand jeu vidéo ? ).

extrait

Messages qui encombrent vos boîtes à lettres jusqu’à ralentir le réseau et alourdir l’addition: publicités pornographiques orientées sexe ou non, factures en ligne, rappel de rendez-vous corvées, demandes de services improbables, hoaxes, légendes urbaines et mythes (fausses pétitions en tout genre, chaînes du bonheur ou de solidarité pour des êtres en souffrance qu’il ne faut pas briser de peur que le malheur ne frappe pour de bon, menaces de bonne ou de mauvaise fortune pour être très riche ou pas pauvre,
annonces de nouveaux super faux virus à éviter, messages humoristiques débiles). En quête de bonheur ou poussé par un sentiment très charitable, vous envoyez le message à 10 de ceux que vous appelez vos amis qui le renvoient à 10 de ceux qu’ils appellent leurs amis jusqu’à l’encombrement et le blocage total. Ces messages ne représentent un danger ni pour votre machine, ni pour votre destin, mais vous vous lassez et vous passez à côté des vraies alertes. Luttez contre les canulars électroniques !! Désinscrivez-vous de toutes les listes et déconnectez-vous !!

équipe

texte Judith Depaule

musique Fred Costa

vidéo Olivier Heinry

programmation Catherine André

logo Lalla

production

Mabel Octobre

aide à la maquette DICREAM

Galerie PUBLIC > Paris, 2002

Plateau/Nadine à Bruxelles, 2003

Maison de la culture d’Amiens, 2004