CORPS DE FEMME 1 LE MARTEAU

Pologne

Le marteau n’est pas une discipline féminine et alors ?
Si les filles veulent le pratiquer et se sentent bien en le pratiquant, si ça fait partie de leur vie, qu’est-ce que ça peut faire que ce ne soit pas une discipline pour les femmes ? Ce n’est pas mon problème. Moi, je pourrais dire que le ballet n’est pas pour les hommes ou que quand les hommes dansent ils se ridiculisent. Et alors ? Si ça fait partie de leur vie, s’ils se réalisent, s’il vivent avec ça et qu’ils se donnent tout entier, qu’ils ont ça dans la peau, ça va. On peut dire que le lancer du marteau n’est pas une discipline féminine, mais moi je me sens bien …

durée 55’
jauge 150
DVD disponible en français et en polonais
disponible en tournée en français

> Corps de femme 2 – le ballon ovale
> Corps de femme 3 – les haltères
> Corps de femme 4 – les pilules bleues

mise en scène

 
J’ai longuement filmé et interviewé Kamila Skolimowska sur son lieu d’entraînement en juin 2008 à Spala, en Pologne. Je l’ai également suivie, chaque fois qu’elle me le permettait, lors de rendez vous professionnels ou familiaux. C’est ainsi que j’ai pu consistuer un corpus de textes (transcription des interviews) et d’images, à partir duquel j’ai pu écrire le spectacle.
 
Le spectacle décline des considérations sur l’histoire du marteau féminin et les tests de féminité, explique grâce à un film d’animation les règles de lancer du marteau, relate le parcours sportif de Kamila Skolimowska, son rapport à l’effort et à la féminité, et ce qu’elle ressent au moment du lancer (moment qui en l’espace de 3 à 5 secondes consiste à coordonner près de100 éléments). Il donne à voir la championne en situation d’échauffement et de préparation, de lancer, de relaxation et dans sa vie privée.
 
La scénographie du spectacle s’organise autour de 4 éléments :
 
- un marquage au sol reproduisant à l’identique le cercle d’où on lance et l’angle du secteur où le marteau doit retomber ;

- 3 podiums ronds de hauteur différentes ;

- 1 chaise d’arbitre empruntée à un autre sport ;

- 1 projection vidéo grand format en fond de scène et 1 tour d’écrans LCD petit format, permettant d’opposer des images de nature, de valeur et de dynamique différentes.
 
Certaines images ont été retravaillées en postproduction (animation, compositing) ou filmées avec des partis pris particuliers (caméra embarquée, gros plans, angles de vues inattendus), afin de sublimer leur aspect documentaire et de les faire basculer dans un champ onirique.
 
La musique se nourrit de sons produits par la lanceuse durant sa pratique, retravaillés à l’ordinateur et agrémentés d’autres sources, formant une composition organique de structure circulaire qui rythme l’ensemble du spectacle. Certaines parties du texte sont sonorisées.
 
Seule en scène, la comédienne Marie de Basquiat porte la parole de la championne, toujours présente à l’image, et décline une gestuelle empruntée au lancer du marteau et à ses échauffements.

histoire, chiffres et technique

 
Les premières compétitions de marteau féminin font leur apparition dans les années 90. C’est en 2000, aux Jeux Olympiques de Sydney, que le marteau féminin est officiellement homologué avec le saut à la perche (les deux dernières disciplines athlétiques à avoir résisté à la féminisation), alors que le marteau y est disputé par les hommes depuis 1900. A la surprise générale, la première championne olympique est une jeune polonaise de 17 ans et demi, Kamila Skolimowska. C’était la première fois depuis 1964 qu’une athlète polonaise remportait un titre olympique en tant que junior. Championne en titre en Pologne depuis qu’elle a 14 ans, Kamila a commencé sa carrière sportive à l’âge de 12 ans en tant qu’haltérophile. Elle remporte l’argent aux Championnats d’Europe à Munich en 2002, et le Bronze à ceux de Göteborg en 2006. Elle participe aux Jeux Olympiques de Pékin, mais, blessée, elle rate ses 3 essais en finale.
 
Le marteau féminin suit les mêmes règles que le marteau masculin, seul le poids du marteau diffère. Le marteau est composé d’une boule métallique, reliée à une poignée par un câble de 1m19. 4kg est le poids réglementaire pour les femmes contre 7kg25 pour les hommes. L’athlète lance à partir d’un cercle d’un diamètre de 2m13, situé dans une cage en forme de U, munie d’un filet susceptible d’arrêter la trajectoire du marteau sans le faire rebondir. La cage fait de 7 à 10m de hauteur et présente une ouverture de 4m par laquelle le marteau est lancé. Selon un angle de 34°92, deux lignes blanches partent du cercle et délimitent le secteur où le marteau doit atterrir. Le jet n’est pas pris en compte si le marteau tombe en dehors du secteur, touche le filet où si l’athlète sort du cercle durant le lancer. L’athlète n’est autorisé à quitter le cercle qu’après que le marteau ait touché le sol et uniquement de derrière les « moustaches », tracées de part et d’autre du cercle. L’action de lancer consiste à entrer dans le cercle, à faire tournoyer le marteau au-dessus de la tête et à tourner sur soi-même, sans règle stricte quant au nombre de rotations avec les bras ni de tours sur soi-même, à s’arrêter et à lancer le plus loin possible dans la limite du secteur. La compétition permet 3 essais et 3 essais supplémentaires pour les 8 athlètes qui ont réalisé les meilleures performances. Bien moins médiatisé que les disciplines de course ou de saut, les lancers sont délaissés du grand public, qui en connaît rarement les règles.
 
Les sportives, qui s’adonnent aux lancers, présentent traditionnellement une musculature surdéveloppée. L’image qu’on a d’elles est celle de femmes trop fortes, disproportionnées, masculines, disgracieuses, proches des phénomènes de foire. Quelle relation ces sportives entretiennent-elles avec leur corps et leur féminité, comment vivent-elles le regard des autres, là quels sacrifices sont-elles prêtes pour pratiquer leur sport, comment vivent-elles leur vie de femme?

équipe

conception, mise en scène, scénographie Judith Depaule
dramaturgie Thomas Cepitelli
assistanat mise en scène et scénographie Pia Partum
musique Laurent Dailleau
lumières Bruno Pocheron
accompagnement Body Mind Centering Tamara Milla-Vigo
direction technique Tanguy Nédelec
vidéo et prise de son Mateusz Wajda
animation Marta Pajek
programmation, régie Darius Makaruk
directeur technique Tanguy Nédélec
construction Bartlomiej Klosek
costumes Cyprian Medard Cieśliński
avec Marie De Basquiat
et en vidéo Kamila Skolimowska, lanceuse de marteau, Marta Kalinowska, directrice de la mode à Elle – Pologne, Marie de Basquiat, Fabien Audusseau et Judith Depaule

production

production Mabel Octobre
coproduction Teatr Polonia à Varsovie (fondation Krystyna Janda)
avec le soutien de l’ambassade de France à Varsovie, du Goethe Institut de Varsovie, de Polonik, et du festival Moving Closer
partenaires média radio Zet, onet.pol, gazeta sportiva, DfO
résidence de reprise Confluences (Paris)

 

  • saison 2012-2013

Théâtre Jean Lurçat – scène nationale
Aubusson (23)
le samedi 1er juin 2013 à 21h
 
théâtre à Châtillon
Châtillon (92)
le jeudi 17 janvier 2013 à 20h30
le dimanche 20 janvier 2013, à 14h30, intégrale des 3 spectacles
 
L’Apostrophe, théâtre des arts
scène nationale, Cergy (95)
le vendredi 1er février à 20h30
 
théâtre de Saint Quentin en Yvelines
Saint Quentin en Yvelines (78)
le samedi 23 mars à 18h (suivi de Corps de femme 2)
 
Le Grand R – scène nationale de la Roche sur Yon
la Roche sur Yon (85)
le mercredi 27 mars 2013 à 18h30 (suivi d’un débat avec Anaïs Bohuon à 19h30)
le jeudi 28 mars 2013 à 19h (suivi de Corps de femme 2)
le vendredi 29 mars à 10h15
le samedi 30 mars 2012 à 18h (suivi de Corps de femme 2 et Corps de femme 3)
 

  • saison 2011-2012

théâtre de Saint Quentin en Yvelines
Saint Quentin en Yvelines (78)
le 03 décembre 2011
 

  • saison 2010-2011

Nouveau Théâtre de Montreuil
Montreuil-sous-Bois (93)
22 – 23 janvier 2011
 

  • saison 2009-2010

Confluences
Paris 20
du 25 mai au 29 mai 2010
 

  • saison 2008-2009

Teatr Polonia
Varsovie Pologne
spectacle en polonais
du 11 octobre au 04 novembre 2008 (9 représentations)
spectacle en français
18 – 19 octobre 2008 (3 représentations)

journaux

web

radio

Kobieta autentyczna w Polonii
- Jestem dzieckiem pokolenia multimedialnego. Uważam, że normalne jest wprowadzanie tych środków do teatru, ponieważ w tym żyjemy. To dobrze widać po ludziach młodych, którzy dobrze odbierają te przedstawienia. Dla mnie jest to nowy sposób pisania teatru – mówi Judith Depaule, autorka i reżyserka monodramu « Ciało kobiety, młot », którego premiera odbyła się w Tetrze Polonia w Warszawie.
Co się czuje, kiedy jako zawód uprawia się rzucanie młotem, które uznaje się za męską dyscyplinę sportu ? Czym jest kobiecość ? Jakie stereotypy ciągle drzemią w społeczeństwie na temat ciała kobiety i jej kobiecości ?..