LE VOYAGE COSMIQUE

film d’anticipation soviétique de Vassili Jouravlev, 1935
NB, 66’

russe sous-titré français (titre original Космический рейс)
musique de Laurent Dailleau

Été 1946 à Moscou : l’Institut des voyages interplanétaires se prépare à envoyer un vaisseau spatial géant sur la Lune. Inquiété par l’échec des essais précédents le directeur de l’Institut décide d’annuler la mission. Le scientifique Sedykh, créateur du vaisseau, accompagné de son assistante et d’un passager clandestin, le pionnier Andrioucha, s’envole malgré l’interdiction.

film

Premier space-opéra soviétique, Le Voyage cosmique fut conseillé par le visionnaire astronome Konstantin Tsiolkovski (mort quelques mois avant la sortie du film) qui contribua à la réalisation des plans des fusées et exigea quʼun certain nombre de protocoles scientifiques soient respectés pour assurer la crédibilité du film.

Pour rendre l’état dʼapesanteur pendant la phase de vol libre grâce, lʼéquipe de tournage eut recours à un système de câbles élastiques peints dans des couleurs identiques au décor. Les déplacements des protagonistes sur le sol lunaire furent rendus possibles par lʼanimation de marionnettes.

La somptuosité des décors témoigne de moyens considérables pour lʼépoque. À lʼaube du réalisme socialiste, le manque de contenu propagandiste du film fut un frein à son succès escompté et entraîna sa relégation dans les archives. Lʼétonnante rigueur technique du film, son originalité, lui confèrent un statut unique.

Cinquante ans après les débuts de la conquête de lʼespace, Le Voyage cosmique mérite dʼêtre réhabilité à sa juste place dans lʼhistoire du cinéma.

musique

Laurent Dailleau

« La musique que jʼai composée est un hommage à la partition conçue par Louis et Bebe Barron en 1956 pour le film forbidden planet.

Il sʼagissait de la première musique entièrement électronique composée pour un film grand public, et elle reste un exemple isolé (on entend encore beaucoup, me semble-t-il, de violons dans des films tournés aujourdʼhui et supposés se dérouler au cinquantième siècle…). Il nʼétait pas pour autant question de faire un pastiche de cette musique. Il ne sʼagit pas non plus dʼune musique qui pourrait avoir une existence autonome. Elle a bel et bien été construite “à lʼimage”, et respecte scrupuleusement le montage et le tempo du film. Elle est électronique, mais ne se veut pas dʼaujourdʼhui, plutôt “électronique antique”. En ce sens, elle est aussi une forme dʼhommage aux bandes-son des films de Guy Maddin, tellement intemporelles. Elle a été entièrement réalisée en studio à lʼaide dʼun synthétiseur analogique Serge*, et est jouée sur scène, en direct, avec un ordinateur. Par ailleurs, les sous-titres et autres panneaux explicatifs sont traduits et dits en direct par Judith Depaule, et sa voix fait aussi lʼobjet de traitements électroniques et de caractérisations diverses, également réalisés en temps réel. » (Laurent Dailleau)

*Le SMMS (Système musical modulaire Serge) est un synthétiseur analogique conçu dans les années 70 à San Francisco par le compositeur-professeur-luthier français dʼorigine soviétique Serge Tcherepnin.

Cʼest un instrument complexe, de vastes dimensions, peu ou pas adapté à la scène, ne serait-ce que parce quʼil ne contient pas de mémoire, et que chaque changement de son nécessite des heures de réglages. Alors que la plupart des luthiers pionniers de la synthèse analogique (Moog, Arp….) ont cessé leurs activités avec lʼavènement du numérique, la marque Serge est encore vivante, et quelques rares instruments sont encore fabriqués à la main par Rex Probe, ancien étudiant de Serge Tcherepnin, au bord dʼun lac, dans un petit village du Wisconsin.

 

Theremin et ondes Martenot
Le theremin, inventé par le physicien et musicien soviétique Lev Sergueievitch Termen (plus connu en occident sous le nom de Léon Theremin) en 1919, est un des plus anciens instruments électroniques. Quelques tentatives avaient vu le jour auparavant (comme par exemple le telharmonium de Thaddeus Cahill en 1905), mais le theremin est le seul survivant des débuts de la lutherie électronique. Il a pour caractéristique principale de ne pas être pourvu d’un clavier, comme le seront la plupart des synthétiseurs apparus par la suite, mais d’être joué à distance au moyen de deux antennes, l’une commandant le volume et l’autre la hauteur de la note produite. Cette particularité fait du theremin le premier instrument non-haptique de l’histoire de la musique, et le précurseur de tous les dispositifs de captation gestuelle que l’on voit apparaître depuis quelques années. L’absence de clavier autorise des variations de hauteur subtiles et des glissandos de grande étendue, mais complique aussi la tâche des instrumentistes, qui ne peuvent pas se référer à des repères physiques dans l’espace. Ceci explique la relative obscurité de l’instrument tout au long de son histoire, et aussi le petit nombre de thereministes. Edgar Varèse fût un des premiers à s’intéresser à l’instrument et à composer pour lui (Ecuatorial, en 1935). Mais il fût surtout utilisé dans les années 50, en particulier dans la musique exotica et le cinéma de science-fiction. Toujours fabriqué aujourd’hui (en particulier par la maison Moog aux USA), il connaît un regain d’intérêt, en particulier dans les musiques expérimentale et contemporaine.

Le premier modèle d’ondes Martenot, instrument électronique présenté par son inventeur Maurice Martenot en 1928, était actionné « à distance » à l’aide d’un câble et d’un jeu de poulies, et il faudra attendre plusieurs années pour qu’il soit doté d’un clavier. Ce clavier, flottant, permet des variations microtonales, et il est complété d’un dispositif formé d’une bague actionnant un ruban qui, en se déplaçant au-dessus du clavier permet, comme avec le theremin, un jeu en glissando. Si le son évoque à première écoute celui du theremin, il offre cependant une variété de timbres plus riche, en particulier par l’adjonction de diffuseurs (divers modèles de haut-parleurs spéciaux, munis de ressorts réverbérants, mais aussi de cordes sympathiques). Et contrairement au theremin, dont la forme définitive fût fixée dès l’origine, il fût perfectionné par son inventeur jusqu’à sa mort en 1982. Les ondes Martenot ont suscité un vaste répertoire (Darius Milhaud, et en particulier Olivier Messiaen), et font l’objet d’un enseignement officiel au concervatoire de Paris depuis plusieurs décennies.

synopsis

En 1946, lʼacadémicien Sedykh de lʼInstitut des transports interplanétaires sʼapprête à voler sur la lune, mais la direction souhaite envoyer un candidat plus jeune.

Sedykh réussit à sʼenvoler, à gagner la lune en compagnie de lʼétudiante Marina et du pionnier Andrioucha.

Lors dʼune mission exploratoire, il est victime dʼun éboulement lunaire. Tous finissent par rentrer sur Terre, sains et saufs.

équipe

composition, ordinateur, theremin, traitements de la voix Laurent Dailleau
traduction en direct, narration Judith Depaule
ondes Martenot Nadia Ratsimandresy

production

Mabel Octobre (compagnie subventionnée par la DRAC et la Région Ile-de-France)
co-production La Muse en Circuit – centre national de création musicale
avec le soutien du Théâtre de Saint Quentin en Yvelines, scène nationale (78)

La musique fait l’objet d’une commande musicale de la Muse en circuit – Centre national de création musicale

remerciements

Claude Mettavant (voir son site dédié au film)

 

  • saison 2011-2012

 
cinéma Le Mejan,
Place Nina-Berberova, 13200 Arles
le 30 juin 2012 à 20h
en partenariat avec le Collège International des Traducteurs Littéraires dans le cadre des journées franco-russes de la traduction
 

  • SAISON 2010-2011

 
Théâtre Jacques Carat, Cachan (94)
La Muse en Circuit – centre national de création musicale
dans le cadre du « Festival Extension »
le 11 mai 2011
 
Pôle culturel, Alfortville (94)
La Muse en Circuit – centre national de création musicale
dans le cadre du « Festival des Écritures »
le 19 mars 2011
 
Cinéma les 400 coups,Villefranche sur Saône
dans le cadre du Festival « Festiplanètes »
le 02 mars 2011
 
Cinéma le Comœdia, Lyon
dans le cadre du Festival « Oufs d’Astro »
le 15 février 2011
 

  • SAISON 2007-2008

 
Théâtre de Saint Quentin en Yvelines, Saint-Quentin-en-Yvelines
le 18 novembre 2007
 
CE I-DVU de Villiers-Saint-Frederic
le 28 janvier 2008

journaux

Le progrès, 04 mars 2011

Télérama, Thierry Voisin

La représentation du ciné-concert au théâtre de Cachan sera l’occasion de proposer une captation réalisée par les élèves de 1ère option audiovisuel du lycée technique Gustave Eiffel de Cachan.

Des rencontres seront organisées auparavant à La Muse en Circuit pour leur présenter le fonctionnement d’un studio et les processus de création de la musique électronique, de l’outil analogique jusqu’aux applications numériques modernes.